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Vos légumes par abonnement: une bonne affaire?

 

 

On compte 80 coopératives et autres associations qui offrent des abonnements "paniers de légumes" en Suisse romande. Leur but, proposer des fruits et légumes de saison et de la région et contourner le circuit de la grande distribution. Mais que trouve-t-on dans ces paniers et à quel prix?

Les paniers de légumes traditionnels

L'agriculture contractuelle de proximité. [RTS]

La philosophie de ces offres était au départ de contourner la grande distribution, en offrant directement au consommateur des produits de sa région, cultivés dans le respect de l'environnement et des agriculteurs. A Genève, les "Potagers de Gaïa" ont vu le jour en 2007. Trois amis y exploitent deux hectares de terres maraîchères en suivant les préceptes de la "biodynamie". Une méthode de culture qui bannit les produits chimiques et calque ses rythmes sur le calendrier lunaire.
Les clients souscrivent un abonnement annuel, pour se faire livrer chaque semaine un panier dont le contenu est décidé par les maraîchers en fonction de la production.  Les membres les plus motivés peuvent aussi donner un coup de main aux champs quelques jours par année. Une aide bienvenue pour nos trois agriculteurs. Mais c'est aussi une manière concrète de montrer au consommateur comment est produit le contenu de son panier.

Le business plan des paniers de légumes évolue

Les paniers de légumes répondent à une demande grandissante. Le consommateur veut savoir d'où viennent ses aliments et comment ils ont été produits. Mais les formules traditionnelles sont parfois jugées trop contraignantes. On ne veut pas toujours manger de la rave tout  l’hiver ou des concombres chaque semaine en été, sans avoir le choix de ce qu’on achète. Certains ont vu là une opportunité pour diversifier leur offre.

L'agriculture contractuelle de proximité. [RTS]

c'est par exemple le cas de "La Belle Bleue". Cette entreprise propose des paniers standards, mais le client peut modifier le contenu moyennant quelques conditions. Plus question non plus d’aller travailler aux champs. « La Belle Bleue » ne produit d’ailleurs rien elle-même. Elle travaille avec des agriculteurs de la région et se charge de la partie logistique, en composant et distribuant les paniers. Pour ce faire, l'entreprise a dû innover en développant un système informatique performant. Les membres peuvent modifier leur panier d‘un simple clic de souris sur le site internet.

Le contenu s’est aussi fortement diversifié. On peut se fournir en viande, en laitages, et même en cosmétiques ou en produits de nettoyage. L'entreprise garantit des produits "sélectionnés par rapport à des critères de consommation juste, qui respectent l’ensemble des acteurs, l’environnement, les producteurs, les employés et les consommateurs", selon les mots de son fondateur Michaël Dusong.

Les paniers de légumes: Le test

Pour réaliser ce test, on a sélectionné onze offres de paniers aux quatre coins de la Suisse romande. Leur contenu a été confié pour évaluation au Service vaudois de la consommation. L’exercice a été répété trois semaines de suite pour chaque fournisseur, afin de pondérer les baisses accidentelles de qualité, toujours possibles avec un produit aussi dépendant des conditions météo.

 

Légumes: plus chers en paniers ou en grande surface?

Pour connaître les prix courants du marché, nous sommes allés sur le site de l’Office fédéral de l’agriculture, Nous y avons trouvé un « Bulletin hebdomadaire des fruits et légumes ». Le prix moyen des différentes variétés y est calculé chaque semaine, d’après les tarifs pratiqués dans la grande distribution.  Pour le bio, il existe un bulletin spécifique, mensuel celui-là. Nous avons donc comparé le prix de chacun de nos paniers avec ce que coûterait très exactement le même contenu, acheté la même semaine en grande surface.

Il est évident que les modes de production et les variétés proposées ne sont pas toujours exactement les mêmes dans la grande distribution et dans les paniers. Pourtant le résultat de notre test comparatif est net : 9 paniers sur 11 se sont révélés moins chers que la moyenne des prix en grande surface !

Bastien von Wyss, recherchiste RTS, précise encore que « pour les produits bio, c’est encore un petit peu plus net, puisque tous les paniers bio analysés sont moins chers que si on achetait les mêmes produits bio dans des supermarchés, selon les prix du bio relevés par l’Office fédéral de l’agriculture. »

Les moins chers [RTS]

Dans le détail, cinq producteurs étaient entre 30 et 50 % moins chers que le prix moyen en grande surface. Pour l’un d’eux, le secret, c’est la vente directe et l’engagement du client sur toute une saison : « Le paiement se fait à l’avance, et il y a moins de pertes en production. On peut calculer ce qu’on doit planter. On a beaucoup moins de déchets. Et puis nous sommes producteurs et vendeurs. Ce qui fait qu’il n’y a pas d’intermédiaire. »

10 à 30% moins chers [RTS]

Quatre autres producteurs étaient entre 10 et 30 % meilleur marché que les prix courants en grande surface. Enfin, les deux derniers étaient plus chers, d’environ 7 % par rapport à la grande distribution. L’un d’eux invoque la qualité de ses légumes, produits en Suisse dans des conditions éthiques, et son service personnalisé qui offre beaucoup de souplesse au consommateur. Un avantage qui se paie.